Premiers pas en méditation

J’ai une confidence à vous faire : je suis officiellement devenue une junkie aux théories & pratiques de développement personnel. J’ai une collection de bouquins sur le sujet (les sujets plutôt) qui grandit dangereusement ces dernières années, et ce n’est manifestement pas près de s’arrêter…

Ne croyez-pas que je suis naïve au point de penser que mon bonheur m’attend sous une belle reliure & qu’il me suffira de tomber sur LE bon livre pour vivre un nirvana coiffé de plénitude béate. Non non. Je suis simplement intéressée par la lecture d’expériences d’autres à propos de façons de voir la vie et de la remplir qui ne me viendraient pas instinctivement. J’aime à penser que ma culture, mon quotidien, et la façon dont se structurent mes perceptions dans ma tête ne contiennent qu’une petite part de ce que le monde a à offrir, et je trouve que les livres – ou les rencontres, ou les conférences, ou les films, etc – peuvent être autant de merveilleuses portes d’entrées. Des portes que j’ouvrirai parfois pour tout de suite les reclaquer et m’enfuir très loin, mais d’autres qui m’intrigueront et cacheront des choses que j’explorerai un peu plus avant.

Et c’est le cas de la méditation.

Qu’on appelle ça ‘méditation’, ou que ce soit d’autres noms vu toutes les traditions & cultures dans lesquelles cette pratique se retrouve, ou même qu’on désigne ça comme étant un moment où « je m’assied, je respire & je gamberge le moins possible », beaucoup de gens s’accordent pour dire que ce genre de ‘pauses’, quand elle sont régulières, apportent une paix qui nous suit tout au long de nos journées.

Moi, avec des échos pareils, je me dis que ça vaut franchement la peine d’essayer de le faire, ce fameux ‘vide’.

Ce matin, j’ai donc mis mon réveil 20 minutes plus tôt (5h40, heavy métaaaal), et j’ai essayé de suivre les conseils de plusieurs pratiquants de méditation. Je me suis assise sur le bord de mon futon (je trouve ça plus glamour d’appeler ça un futon même si à dire vrai, j’ai juste tapé mon matelas ikea sur le sol), les jambes croisées devant moi, le dos droit mais pas trop, pour que ça reste naturel et confortable, et j’ai fermé les yeux. Vous vous demandez peut-être si (je vois déjà vos têtes goguenardes!), à une heure pareille, j’avais pas envie de me rendormir : et bien non! Au contraire, la meilleure façon de décrire ce que je ressentais serait de dire… de l’excitation.

Et c’est là que les choses se corsent : il faut prendre un point de concentration – un bruit léger qu’il y a autour de vous, votre respiration, ou même une mantra [1] – et fixer son attention dessus. Cela va sans dire qu’après même pas deux secondes, je partais en live, ou pire, je pensais « il faut pas que je pense à autre chose »… Là, le réflexe serait de s’énerver sur soi, de se sentir frustré, et probablement d’arrêter après 5 minutes. Mais il faut persévérer, et se ramener, gentiment (donc pas en râlant et se claquant la main sur le front) vers le point de concentration, autant de fois qu’il le faut.

Alors bien sûr, c’est pas en essayant une fois que je vais sentir quelque chose se passer en moi (ou même que je vais arriver à garder mon attention fixe). Mais j’avoue que j’étais très bien réveillée après, sans stress, et que rien que pour ça je vais tenter de renouveler l’expérience tous les matins, pendant quelques semaines.

Je vous tiendrai au courant de comment ça se passe, mais n’hésitez pas à explorer la chose vous-même. Je pense qu’un peu de calme et d’intériorité pourrait faire partie de la routine journalière de tout le monde, pas vrai?

Si vous voulez aller plus loin, lisez des choses sur la pleine conscience, ou trouvez-vous des ptits outils, par exemple.

[1] Un mot, un son, qu’on répète inlassablement, dans sa tête, ou tout haut (ou tout bas?).

Photo : mtungate 

NaNoWriMo ou le suicide social

Participant Nano 2012« NaNoWriMo », c’est un acronyme pour « National Novel Writing Month » (mois national d’écriture de roman). Tout national qu’il soit au départ, ce challenge d’écriture s’est propagé un peu partout dans le monde, & chaque année en novembre, des milliers de personnes commettent ce suicide social. Le but : écrire 50,000 mots, en un mois. Oui Monsieur.

Vous l’aurez deviné, soit parce que je vous l’ai déjà dit, soit à cause du badge présent dans ma sidebar, j’ai décidé d’y participer pour de vrai cette année. (Parce que l’année passée… j’ai plafonné le premier jour à 1500 mots… oui, riez bande d’ingrats.)

Si ça vous dit, il est encore temps de s’inscrire aujourd’hui, mais magnez-vous la souris!

Et si vous hésitez parce que vous n’aurez du coup rien préparé à l’avance, ne vous inquiétez pas, c’est pas forcément nécessaire. Avec autant de mots à pondre chaque jour, dites-vous à l’avance que vous écrirez une base très grossière (pour par dire un tas de mots puants, & je pourrais encore être plus vulgaire) de ce que vous pourrez seulement appeler plus tard ‘un roman’. L’idée, c’est de se lancer, d’arrêter de dire « j’ai toujouuurs voulu écrire un bouquin », & de complètement être libéré de ces barrières qui nous font relire mille fois la même phrase. Bref, ça doit être une expérience dé-com-ple-xante! En bonne procrastineuse, j’approuve des deux pouces.

Tout ça pour dire qu’il ne faudra pas vous étonner de lire plusieurs billets sur mon épopée du stylo durant les 4 semaines à venir.

Souhaitez-moi bonne chance, & mieux encore, participez & ajoutez-moi comme contact sur le site du NaNo, question de pleurer des larmes de sang ensemble quand on en pourra plus!

C’est reparti!

Quel bonheur mes amis d’enfin pouvoir vous présenter mon nouveau bébé! Comme dirait notre cher JJ Goldman, il m’en a fallu du temps, du talent (mouais) et du cœur. Mais le voilà, tout beau, tout propre, prêt à mettre en scène mes bêtises.

Pourquoi un énième blog? Et ben, sachez que de sales bâtards ont hacké mon domaine il y a quelques semaines, l’ont rempli de propos racistes et de gifs animés, que j’ai du tout foutre à la poubelle, et que la seule façon de régler une fois pour toutes le grand bordel qu’ils avaient mis, c’était de recommencer sur une page blanche. Voilà.

C’est parti mon kiki, j’ai envie de dire!

Où il est question du bonheur

Un jour de maladie, hormis les maux de tête, les crampes musculaires, les éternuements, les toux, et autres irritations de la gorge, c’est plutôt une bonne chose.

Ou, plus précisément, un jour de maladie donne la possibilité de faire ce dont on a rarement l’occasion, à savoir passer 24 heures – ironiquement – à ne rien faire.

En disant « rien », je suis un peu large. Parce que notre esprit, lui, qu’on le veuille ou non, il n’arrête pas de travailler. On pense, on pense, on pense… à soi, aux autres, à ce qu’on a raté, aux conséquences que ça aura, aux soucis que ça nous causera peut-être… Cette dernière pensée provoque généralement un élancement migraineux plus fort que les autres qui nous fait repartir à zéro.

Aujourd’hui, je n’ai pas fait exception à la règle. Mais, étrangement, mon esprit avait décidé de s’évader hors des chemins battus pour s’offrir une perspective plus large.

Toutes ces heures, allongée sur ma couette, j’ai tourné ma vie dans tous les sens, question de découvrir de nouveaux points de vue. Maintenant, je peux dire que ce n’est pas un nouveau point de vue que j’ai trouvé, mais plutôt un nouveau regard sur ces faces de ma petite existence que je connais par cœur…

Râlant sur cette fièvre, pestant sur ces livres entassés qui me rappelaient douloureusement que le travail s’accumulait, jurant sur ces médicaments au mauvais goût, on peut dire que j’étais pas de la meilleure humeur. Accablée par la fatigue, j’avais même envie de me croire déprimée.

Puis maman m’a téléphoné.
Et je me suis trouvée ridicule. Je l’imaginais, au boulot, en train de devoir sourire à tous ces malades qu’elle accueille, et en même temps qui s’inquiétait pour moi, sa fille. J’en avais presque honte, et l’entendre au bout du fil, prenant le temps de me donner plein de conseils, m’a mis le rouge aux joues… Je me mordais presque la lèvre pour pas en rajouter en me mettant à pleurer comme une gosse de cinq ans.

Laissant de côté le mauvais génie qui me susurrait de noires pensées à l’oreille, je me suis recouchée les pieds sur l’oreiller (pour avoir le vélux au-dessus de la tête et voir les nuages me saluer) et ai essayé de réfléchir à ce qui comptait, vraiment. Je veux dire par là les grands traits positifs de ma vie, tout ce qui pourrait m’éloigner des sentiments pessimistes qui m’habitaient un peu plus tôt.

Figurez-vous que je n’ai rien trouvé. Enfin, rien trouvé de grand.
Se sentir aimée de sa famille, partager un repas dans la bonne humeur, répandre un sourire communicatif, travailler sérieusement sur un projet, se réjouir de projets futurs, avoir sa chambre rangée, donner un coup de main à des amis, découvrir de nouvelles musiques, de nouveaux livres, trouver que quelque chose est beau et s’arrêter pour le regarder, boire un verre avec des gens qu’on aime, avoir la bonne idée au bon moment, rentrer chez soi quand il pleut, se trouver jolie et se sentir bien dans un vêtement, rencontrer de nouvelles personnes, marcher sur la moquette épaisse d’un cinéma, sentir un moment de complicité passer entre soi et un proche, revenir épuisée d’un bon concert, rire d’un mauvais, profiter du calme d’une soirée à la maison pour se déchaîner sur une piste de danse le lendemain, lancer une feinte qui déclenche un fou-rire, se moquer un peu des autres et beaucoup de soi-même, avoir la peau salée après une journée à la plage, dévorer un bouquin d’une traite au point de perdre la notion du temps, pleurer pour un film qui en vaut la peine, remercier et être remerciée, regarder les vieilles photos qu’on avait laissées traîner dans une boîte à chaussures, rire à la première occasion, s’acheter une nouvelle écharpe toute douce, avoir de la curiosité, se lâcher à un karaoké, saluer en regardant dans les yeux, faire les choses à temps, réussir un examen, avoir très peur et que tout se finisse bien, sentir l’odeur d’une bougie, chanter à tue-tête sous la douche, accrocher un beau poster, avoir le cœur retourné par une musique, lire un texte dans lequel on se retrouve, se surprendre, changer la disposition de ses meubles, être embrassée par celui qu’on aime, prendre des résolutions et (ne pas) les tenir, rester proche des enfants et toujours rire avec eux, sourire sans qu’il y ait une raison, apprendre un nouvel instrument ou se lancer dans un nouveau sport, prendre le temps d’ouvrir un peu sa fenêtre le soir pour respirer l’odeur de la nuit, décrocher un job, avoir un joli air en tête, vraiment écouter les autres, recevoir ses cadeaux de Noël, observer les couples dans la rue, porter un pull bien chaud, recevoir un sms inattendu de son/sa meilleur(e) ami(e), voyager, se prendre un délire par messagerie instantanée, profiter d’un feu de bois, faire une randonnée et dormir comme un bébé, essayer de considérer toutes les bonnes choses comme si elles arrivaient pour la première fois, partir loin de chez soi un bon bout de temps et se réjouir du retour…

Ma vie, peut-être la vôtre, c’est tout ça, et encore des milliers d’autres petites choses qui font cette notion qu’on appelle simplement « bonheur ». Rien de plus, mais surtout rien de moins.

Toute occupée à voir défiler mentalement cette liste, je n’ai plus pensé une seconde à mes douleurs de tempes, mon mal de gorge. J’ai juste souri, parce que c’est vachement bon d’être normale, de vivre dans un milieu équilibré, d’avoir la chance de ma condition.

Faut pas non plus nier que c’est sain de déprimer de temps en temps. Mais, simplement, réfléchir à tout ça, c’est comme remplacer le goût amer qu’on a en bouche par celui d’un
biscuit fait maison.

Si on le fait honnêtement, soit la liste est petite et on a trouvé son but, à savoir la rallonger ; soit elle est longue et l’effet secondaire en sera de l’énergie et une irrépressible motivation.

La morale de toute cette histoire ? N’attendez pas que je vous contamine pour dresser votre propre liste.

Technique de liberté émotionnelle ou EFT

On a tous connu un jour ou l’autre le coup du blog, qui amène à un autre blog, qui amène à un autre blog, qui amène à un… autre blog. C’est bien, vous suivez.

Et bien, c’est encore ce qu’il m’est arrivé pas plus tôt qu’il y a deux grosses semaines, et mon périple s’est arrêté sur le site d’une demoiselle décalée.

A priori, comme je le disais dans un précédent billet, rien, mais alors rien de rien, ne me prédestinait à passer plus de trente secondes sur ce blog avant d’en refermer l’onglet. Et encore, je suis large : il m’en a pas fallu plus de deux pour tiquer sur la favicon en forme de petit cœur tout rose… Mais il était apparemment écrit que je lirais un billet, puis deux, puis… trois. Encore un bon point pour vous, vous suivez toujours.

Ça parle de quoi ? De plein de petites choses différentes : de fringues, de réflexions, de philosophie de vie, d’amour de soi, … et d’un sujet qui m’a spécialement interpellée.

Mesdames et Messieurs, j’ai nommé l’EFT.

Autrement dit, les initiales pour « emotional freedom technique ».

Dans ses billets sur le sujet, la dame aux cheveux bleus du nom de Gala explique – avec renfort de vidéos issues du site officiel du fondateur de l’EFT ou personnelles – ce que cache cette dénomination aux faux airs de doctrine obscure.

Considérez l’acupuncture. Et bien l’EFT, pour faire très simple, ce sont des techniques d’acupuncture mais sans les aiguilles, et à appliquer soi-même. Ces techniques prennent en compte le fait que notre corps est muni de points stratégiques où se concentrent les flux d’énergie qui nous traversent. Pour les activer, rendre le flux des énergie plus paisible et donc la vie de notre corps plus belle, il suffit de ‘stimuler’ ces points par des petits coups, souvent appliqués à deux doigts. Vous voilà donc devant votre miroir, en train de taper doucement sur ces endroits stratégiques. Je sais, on a pas l’air très fier en le faisant, surtout que c’est pas tout, il est conseillé de le faire en visant un problème particulier, et d’exprimer oralement ce problème. Physique ou psychologique, c’est à vous de voir.

Par exemple, si vous avez des migraines, vous ferez le « tapping » en prononcant à voix haute quelque chose comme : « Même si j’ai des maux de tête, je m’aime et m’accepte complètement, et je retrouverai le bien-être ». Si vous avez des problèmes de motivation, ça donnera un truc du genre : « Même si j’ai du mal à être motivé dans ce que je fais, je m’aime et m’accepte complètement, et je sais que je peux changer et croire en ce que je fais ». Et tout est traitable en ce sens.

Pour que vous visualisiez mieux quelques-uns des points, je me suis permise d’utiliser un cobaye pour une petite illustration (merci Bastien pour ta participation à ce billet) :

Notez qu’il y a encore d’autres points que ceux présentés ici (sur les mains par exemple). Notez aussi qu’être déguisé en ourson n’est pas une condition à la pratique.

Là je parie que vous êtes en train de vous marrer devant votre écran, je veux dire, pas seulement à cause de la photo de Bastien. D’ailleurs, je serais bien la dernière à vous en blâmer, moi-même j’étais plus que dubitative à ma première approche de l’EFT. Pour plusieurs raisons.

Plusieurs raisons qui avaient une cause : le site officiel et ses vidéos. Je vous préviens, si vous y jetez un coup d’œil, ça pue la culture Américaine genre CNN à plein nez. Très « on fait dans le sensationnel ». Ou encore les vidéos promotionnelles de produits amincissants qui passent parfois en boucle sur des chaines en manque de téléspectateurs.

C’était là ma première crainte : j’étais persuadée qu’on allait me vendre quelque chose. Un kit ceci, des séances cela, des manuels par-ci, des crèmes par-là. Et bien, aussi étonnant que ça puisse paraître, le fondateur Gary Craig a eu le bon goût – dont l’affreux design de son site ne témoigne pas – de rendre téléchargeables gratuitement tous les manuels explicatifs nécessaires. Pas de newsletter obligatoire, ni de sponsors sur les pubs desquels aller cliquer. Rien. Nada.

La deuxième source de doute était pour moi les discours trop convaincus pour être convaincants des personnes interviewées dans les vidéos. Attendez-vous en effet à des « EFT a changé ma vie !! », « Sans EFT, je serais encore à me languir dans ma chaise roulante ! ». Mouais.

Autant vous le dire tout de suite, cette vidéo a ses passages plus nuancés quand on est attentif. Jamais ils ne présentent l’EFT comme une alternative aux soins médicaux traditionnels. Simplement, ils constatent apparemment de vrais résultats dans de nombreux cas. Alors clairement, on peux toujours douter, mais finalement, il n’est pas question de croire, il est question de « pourquoi pas ? ». Si ça peut aider, finalement, ce ne sont que quelques minutes à se ridiculiser devant un miroir, alors pourquoi pas pour soi ?

Gala (cfr. le début du billet, la bloggeuse New-Yorkaise) était apparemment il n’y a pas si longtemps que ça une des jeunes filles les plus cyniques et désabusées que la terre ai portée. Elle était également anorexique, parmi d’autres soucis. Et son copain de l’époque pratiquait l’EFT. Je vous laisse imaginer le résultat quand il tapotait ses petits points stratégiques : elle le charriait, se moquait ouvertement de lui, se demandant comment un gars comme lui pouvait croire dans ces bazars New Age dignes de psychiatre de seconde zone.

Puis, un jour, poussée dans le dos par ce même petit ami, elle a essayé. Elle témoigne de son expérience comme d’un changement complet de vie. Le jour où elle a appliqué la technique sur ses problèmes de nutrition, elle a eu une réaction violente, a été malade plusieurs fois (excusez les détails crus…), et depuis ce jour, elle fut petit-à-petit guérie de son anorexie.

Psychosomatique ? Peut-être. Mais d’après son témoignage, les occurrences similaires se répètent depuis.

Alors, suivant mon idée du « pourquoi pas », j’ai tenté. Sur différents problèmes, j’ai appliqué l’EFT. Et bien demandez à mon entourage proche : j’ai rarement montré une telle motivation et une telle pèche. Les problèmes liés à mes études, je les ai réglés les uns après les autres sans me décourager, je n’ai plus ressenti ma tendinite au pied une seule fois (chose qui ne m’étais plus arrivée depuis des mois), et ces exemples ne sont pas exhaustifs !

Je le répète, il ne s’agit pas de croire ou pas. Faut simplement se lancer. Et même si tout ça n’est peut-être qu’un ramassis de coïncidences qui s’arrêtera, les embûches que j’aurais évitées et les solutions que j’aurais trouvées  n’en seront pas annulées.

Alors, qui tente le coup ?

Source de l’image : tapeasy.com

Envy

J’ai toujours pensé que la musique avait ça d’important qu’elle était le seul art maitrisé par l’être humain qui arrive à le dépasser lui-même. La peinture demeure représentation ou refus de représentation mais a toujours un référent matériel. L’architecture est concrètement conçue à l’échelle humaine. Mais la musique, elle, se distingue de tous les autres arts.

Une mélodie est à jamais insaisissable, se déroulant de manière invisible dans le temps, et pourtant une mélodie peut prendre tant de pouvoir dans l’espace et en nous que nous avons le cœur au bord des lèvres. Un « air » porte bien son nom puisqu’il est à la fois impalpable et transparent, mais nous y sommes sensibles. La musique est une chose si surréaliste qu’il parait même étrange que nous en soyons les producteurs.

Je m’emballe, je m’emballe… Mais si je vous raconte tout ça, c’est simplement parce qu’Envy m’a offert ce soir une preuve supplémentaire de ce statut supérieur de la musique.

Envy, c’est un groupe de hardcore / post-rock japonais (je sais, encore des japonais…). Ne grimacez pas à l’appellation hardcore, leur musique n’a rien à voir avec une soupe innommable de sons avec renfort de décibels superflus…

Prenez cinq jeunes hommes. Tous sont habillés de manière cool et simple. En installant leur matériel, ils n’adressent que des regards furtifs et timides à la salle. L’un des guitaristes fait songer à un enfant tant il parait mince et fragile, impression renforcée par ses grands yeux noirs et ses cheveux en bataille. L’autre guitariste semble le plus à l’aise, sa voix est forte et franche (comme sa poignée de main, ce que j’apprendrai aux dépends de mes phalanges à la fin du concert). Le batteur fume sa cigarette nonchalamment, le visage sérieux mais détendu. Le chanteur porte une casquette surmontant un visage plutôt rond. C’est celui qui a le moins le look de l’emploi. Et enfin, il y a le bassiste, son t-shirt laissant apparaitre les extrémités d’un tatouage qui semble orner tout son torse.

Des musiciens comme des milliers d’autres. Oui, mais seulement en apparence. Parce qu’une fois leurs instruments en main, ce ne sont plus des jeunes hommes que j’avais devant moi, mais des anges…

Leur musique les habitait littéralement, n’importe qui posant ces yeux sur eux pendant qu’ils jouaient n’aurait pu avoir que cette pensée : « ils sont si beaux ». Et cette beauté était contagieuse, tout le monde en était touché.

Alors que je les écoutais, je me suis dit que pour produire des choses pareilles, l’homme devait forcément avoir une âme, quelque chose de profond en lui. Je pensai aussi que tant que le monde abriterait ce type de beauté, alors il en vaudrait la peine.

Je suis crevée, morte, claquée, alors j’écris des lignes décousues qui ne pourront pas rendre justice à ce groupe… Le récit que je fais du concert passe surement pour une espèce d’expérience mystique de seconde zone, mais je vous promets, il fallait être là pour le sentir, c’était un truc très fort.

Si vous voulez faire un premier pas vers eux, je vous conseille soit l’album « Insomniac Doze », soit celui qui sortira le 7 novembre prochain sous le titre « Abyssal ». Ce sont des chefs d’œuvre !

Alors je sais, le chanteur crie plus souvent qu’il ne chante, mais il y a beaucoup une question de se faire l’oreille. Il ne s’agit pas ici de cris agressifs, on dirait plutôt une sorte de désespoir ou de mélancolie. Pas de trip dark cliché ici, tout demeure en finesse, avec des moments violents toujours mélodiques, traits qui prouvent (si c’était encore à faire) la sensibilité musicale nippone si particulière.

Moi-même, avant le concert, je n’écoutais Envy souvent que d’une oreille distraite, et peut-être sera-ce votre cas, ou pire, les détesterez-vous. Mais gardez-les dans un coin de votre mémoire, et si un jour ils passent près de chez vous, faites l’effort d’aller voir ces cinq messieurs. Personne ne pourrait être totalement déçu, c’est une expérience à vivre.

Comme lu quelque part sur internet : « Envy, quand ils sont calmes, réalise la plus belle musique du monde. Et quand ils s’énervent… ».