Ne pas se laisser faire par son clavier

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J’ai l’impression que c’était encore hier que je m’inscrivais sur Livejournal et que je découvrais, avec bonheur, le monde des blogs personnels. Chaque fois que j’ouvrais mon éditeur de texte, je sentais une délicieuse petite excitation : quelles bêtises allais-je pouvoir bien raconter aujourd’hui? Et si j’avais parfois du mal à démarrer la rédaction, c’était plus à cause du trop-plein d’idées qu’autre chose (je n’ai jamais été en reste quand il s’agit de lâcher des inconséquences).

Et puis un jour – est-ce que ce sont les études et le passage à l’âge ‘adulte’ (ahem, triplez les guillemets) qui sont passés par là? – ça a changé. Mon clavier a commencé à me faire peur. J’avais l’impression que ce que j’écrirais devrait prouver quelque chose à quelqu’un. Peut-être simplement à moi-même si je réfléchis bien.

Bref, le blog a flanché pendant des années, je n’ai plus écrit de fiction, à dire vrai, j’ai jeté l’éponge.

Et nous en arrivons à aujourd’hui.

Et aujourd’hui, j’en ai assez. Mon clavier me démange depuis trop longtemps. Les peurs que j’avais, et que j’ai toujours, j’ai décidé d’arrêter de leur laisser toute la place. Je. Veux. Écrire. Même si c’est pourri, même si personne ne lit.

Et pour donner un bon coup de pied là-où-je-pense à mes peurs, j’ai décidé de retenter l’entreprise folle qu’est le nanowrimo. Alors oui, je vais peut-être ne pas réussir à aligner mes 50000 mots, et je vais peut-être me mettre à détester mon histoire après une semaine, mais zut à la fin! Faut que je me sorte de cette stratégie toxique d’évitement qui m’a fait redesigner ce blog des dizaines de fois sans me lancer dans l’écriture d’un seul billet.

Parce que j’aime ça, écrire. Et je crois même qu’avec un peu d’entraînement, je pourrais en faire quelque chose de bien.

Et que ceux qui se reconnaissent dans mes lignes fassent pareil : au diable l’autocritique qui paralyse, et vive la spontanéité!

[Source de l’image : weheartit]